Élections partielles à Beyrouth et dans le Metn : dernier délai pour le dépôt des candidatures ce soir à minuit
Le Courant du futur et les Kataëb annonceront leurs candidats respectifs aujourd’hui
L'Orient Le Jour - 20 - 07 - 2007
Le député de Beyrouth, Nabil de Freige, a indiqué hier que le Courant du futur annoncerait dans la journée d’aujourd’hui le nom du candidat à l’élection partielle de Beyrouth, élection organisée afin de pourvoir au siège du député Walid Eido, assassiné le 13 juin dernier.
M. de Freige a souhaité que le candidat soit une personnalité consensuelle. Mais de source proche du Courant du futur, on insiste sur le nécessaire ralliement du candidat aux forces du 14 Mars « car un député du 14 Mars s’est fait assassiner, et ce n’est pas pour le remplacer avec un candidat qui n’adhère pas aux constantes du 14 Mars ».
À cet égard, la candidature de Tammam Salam semble désormais bel et bien compromise, et la source précitée penche davantage en faveur « d’un candidat issu d’une grande famille beyrouthine ». Si le nom de ce dernier n’a pas encore été divulgué, ce n’est pas pour faire durer le suspense mais bien « pour des raisons évidentes de sécurité, pour la sécurité du futur candidat ». Cette même source estime en effet que dès que la personnalité choisie sera annoncée comme étant candidate au siège de Beyrouth, elle sera en ligne de mire.
Pour ce qui est de la partielle du Metn-Nord, deux candidats sont d’ores et déjà inscrits : Joseph Asmar et le président de la Ligue des médecins du Courant patriotique libre, Camille Khoury. Les milieux aounistes indiquent ainsi que ce dernier participerait à la bataille électorale si elle devait avoir lieu. Si en revanche – et comme semblent de plus en plus le confirmer des informations concordantes – le Metn-Nord se dirige vers une élection d’office, le CPL encouragerait l’élection de Sami Gemayel.
Le député du Kesrouan, Michel Aoun, a d’ailleurs fait savoir qu’il appuyait la candidature de M. Gemayel et a fait savoir qu’il serait possible de parvenir à une entente sur sa personne « dans l’intérêt des chrétiens du Metn et conformément aux souhaits de Bkerké ».
Du côté du parti Kataëb, le nom du candidat sera officiellement annoncé aujourd’hui à 11h depuis la résidence de la famille Gemayel à Bickfaya.
Il n’était pas clair hier si le candidat à l’élection partielle du Metn-Nord sera l’ancien président de la République et actuel chef des Kataëb, Amine Gemayel, ou si le choix du parti se portera sur la personne de son fils, Sami, qui est aussi le frère du député du Metn-Nord, Pierre Gemayel, assassiné le 21 novembre dernier.
Des sources proches des Kataëb et citées par l’agence al-Markaziya ont en revanche indiqué que le choix du parti allait se porter sur Sami Gemayel, ce qui constituerait indéniablement un message fort d’abord en direction des chrétiens du Metn, mais aussi et surtout à l’encontre des assassins de Pierre Gemayel.
Polémique sur la compétence du Conseil d’État
S’attardant d’autre part sur l’aspect procédural du recours en annulation du décret appelant le collège électoral du Metn-Nord, le député de la Békaa, Robert Ghanem, a indiqué hier dans un entretien à la radio Voix du Liban que le recours en annulation du décret, qui a été présenté devant le Conseil d’État (CE), est « rejeté sur le fond parce que le Conseil d’État n’est pas l’autorité compétente » en la matière.
C’est au Conseil constitutionnel qu’il revient de juger de la validité ou non des élections, puisque, dans ce domaine, la compétence du Conseil est absolue, « et ce même avant le début de ces élections ». C’est pour cela que la saisine du CE pour qu’il juge de cette affaire vient contredire la compétence du Conseil constitutionnel, a-t-il ajouté.
Le député de la Békaa a rappelé que « lorsque la loi portant création du Conseil constitutionnel a vu le jour en 1993 », le Conseil a été investi de la compétence nécessaire pour examiner la validité des élections du président de la République et du président de la Chambre et des contestations y afférentes, et ce sur la base d’une requête présentée par le tiers au moins des membres de la Chambre. « C’est pour cela que le Conseil d’État a jugé, à juste titre d’ailleurs, qu’il ne lui appartenait pas de juger de la validité du décret appelant le collège électoral », parce que la validité de ce décret ne peut être évaluée de manière séparée et indépendamment de « l’opération électorale, puisqu’il constitue le préambule de cette opération. Ce qui implique que l’organe compétent, pour tout ce qui concerne les élections parlementaires, est le Conseil constitutionnel ».
Pour le député membre du Courant patriotique libre (CPL), Ibrahim Kanaan, le recours en annulation du décret a été présenté par « un citoyen libanais », soulignant qu’un autre recours est en préparation, de la part « d’un candidat, dans les délais impartis pour cela ». M. Kanaan a ensuite fait part de son étonnement concernant la teneur de la décision du Conseil d’État, relevant ainsi que « la compétence du CE ne fait pas de doute », puisqu’il existe « une jurisprudence du Conseil constitutionnel datant de 2003 ». Dans une de ces décisions, le Conseil constitutionnel qualifiait ainsi, selon M. Kanaan, le décret appelant le collège électoral de « décision administrative ».
En tout état de cause, le député CPL a soutenu que les demandes en annulation n’avaient pas pour but d’annuler les élections, mais tendaient à « lever le doute qui pourrait entourer la validité de ces élections ».
Il convient de souligner que le dernier délai pour le dépôt des candidatures pour les élections partielles du Metn et de Beyrouth est ce soir, à minuit.