Gabriel Murr exhorte son frère et Aoun à ne pas s’engager dans la bataille électorale du Metn
Gemayel briguera le siège de député de son fils assassiné
L'Orient Le jour 21, 7, 2007
L’ancien président libanais Amine Gemayel a annoncé vendredi sa candidature au siège de député du Metn-Nord, laissé vacant après l’assassinat de son fils Pierre, le 21 novembre 2006, lors des législatives partielles prévues le 5 août.
«Je suis candidat au siège de député dans le Metn. N’est-il pas étrange que le père soit candidat à la succession de son fils », a dit l’ancien président, très ému, lors d’une conférence de presse. Des propos poignants qui rappellent ceux qu’avait prononcés Ghassan Tuéni alors qu’il succédait à son fils, le député Gebran Tuéni, assassiné en décembre 2006.
« C’est là notre destin (...). Lorsque mon fils Pierre a été assassiné (...), je n’ai pas voulu penser aux élections législatives, j’ai voulu éloigner cette idée de moi car y penser signifiait accepter sa disparition alors que nous ne croyons toujours pas que la main de la traîtrise ait pu rattraper un jeune homme qui n’a connu que l’amour, le sourire, l’ouverture et l’enthousiasme, au service des gens et de la cause nationale », a martelé Amine Gemayel.
Le chef du parti Kataëb a ensuite déclaré qu’« à partir du moment où l’assassinat d’un député innocent s’est transformé en complot contre le processus d’indépendance et de souveraineté du pays, et avait pour but de paralyser les élections d’un président patriote ainsi que d’occulter le rôle chrétien au sein de cet État qui a été fondé par nos pères et nos ancêtres, il devenait nécessaire de contrer ce complot ».
« Je participe à cette bataille nationale afin de défendre le droit et remplir le devoir qui m’incombe », a affirmé M. Gemayel, avant d’ajouter :
« Je mène cette bataille pour qu’aucune personne ne croie qu’elle est en mesure de nous affaiblir, de changer une équation nationale qui remonte à des siècles. » Le chef des Kataëb a en outre tenu à souligner que
« tous les fils du Metn-Nord sont mes frères et mes fils, nos ennemis ne sont pas de cette noble région, ni d’aucune région du Liban. Nos ennemis sont les ennemis du Liban ».
Il convient de souligner qu’après l’annonce de sa candidature, Amine Gemayel a contacté par téléphone le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, afin de l’informer des raisons qui ont guidé son choix. Il convient de noter que le parti Kataëb organise, dans le sillage de cette annonce, une réunion prévue aujourd’hui à 18h au théâtre Château Trianon, à Jal el-Dib.
L’appel de Gabriel Murr
La position du Courant patriotique libre (CPL) reste pour le moment peu claire, puisque l’ancien vice-président de la Chambre, Michel Murr, n’a toujours pas décidé s’il s’engagerait ou non dans la bataille électorale. Le CPL a néanmoins d’ores et déjà annoncé son candidat en la personne de Camille Khoury, président de la ligue des médecins du CPL. Malgré l’annonce de cette candidature, le député et chef du CPL, Michel Aoun, n’a toujours pas indiqué si son parti allait réellement prendre part à la bataille électorale du Metn.
Il convient de rappeler que Amine Gemayel a lui-même confirmé que les contacts se poursuivaient effectivement afin de tenter de parvenir à un consensus.
Dans ce cadre, l’ex-député Gabriel Murr a publié un communiqué dès l’annonce de la candidature de M. Gemayel, dans lequel il a souligné que cette décision devrait pousser certains à « prendre des positions courageuses dans l’intérêt du Liban ». À cet égard, M. Murr a estimé que « le général Michel Aoun devait prendre en considération l’intérêt du pays, et non uniquement une bataille autour d’un siège parlementaire qui risque d’exacerber encore plus les dissensions entre les chrétiens ». Et Gabriel Murr de rappeler aussi au général Aoun que Amine Gemayel est à l’origine de sa nomination au poste de Premier ministre en 1988.
S’adressant par ailleurs à son frère, l’ancien vice-président de la Chambre Michel Murr, il lui a demandé « de n’envisager aucune bataille contre la famille Gemayel », car cette famille est à l’origine de la carrière politique de Michel Murr. De plus, Gabriel Murr a estimé qu’« aujourd’hui le timing n’est guère propice aux manœuvres politiques ».